Là, pour cette quinzaine, il va falloir voyager !  Voyager dans son site pour en extraire la poésie, l’approche photographique, la sensibilité. Lors d’une visite à Paris-Photo, une photo noir et blanc a retenu mon attention, j’ai noté le nom pour en savoir plus : Joakim Eskildsen est Danois, a grandi dans une vieille maison avec un jardin extraordinaire, son envie de nature, des lumières viennent de là.

Première chose qu’on découvre : la présentation de ses photos par les livres qu’il a réalisé – ça donne envie d’en faire autant ! Un livre, on peut le ressortir et le feuilleter, revisiter ses images et les souvenir qu’elles portent comme le font ses boites de tirages au papier jauni. Ces albums martyrisés par le temps nous révèlent des images de vie, des images qui ne sont pas restées dans un disque dur ou dans un tiroir. On apprend qu’il a appris à réaliser ses livres auprès, entre-autres, de Pentti Sammallahti … la poésie de ces vieux albums viens peut être de là aussi. Sympas aussi, ces tentatives d’editing réalisés à partir de petits tirages juxtaposés (1 2).

Il y a quelque chose de magique et poétique dans ses images et thèmes abordés. Les livres et les pages jaunies y sont pour quelque chose. Les scènes de vie rappellent des scènes quotidiennes simples et poétiques. Il y a autre chose aussi : une chaleur dans ses images, une signature,  obtenue par un léger bleuté des ombres associé à une dominante jaune des hautes lumières, et manifestement, aussi par la texture des papiers qui apporte aussi de la poésie à ses images.

Enfin, un élément de sa démarche photographique : par son film de Roma Journeys on comprend mieux le contexte de ses images, il s’est entièrement impliqué au sein des familles de ROMs pour capter ces images si naturelles au cours de leurs voyages.

Il dit concernant sa démarche, qu’il suit un thème précis, sinon ne sait pas quoi photographier. Nous aussi en avons besoin.

https://joakimeskildsen.com

Gilles